Un cancer du sein peut-il apparaître dans l’autre sein après un premier cancer ?
« J’ai eu un cancer du sein. Est-ce que je peux en avoir un dans l’autre sein ? »
C’est une question fréquente et tout à fait compréhensible après un cancer du sein.
La réponse est oui, cela peut arriver, mais il est important de préciser ce que cela signifie : lorsqu’un cancer apparaît dans l’autre sein, il s’agit le plus souvent d’un nouveau cancer du sein, et non de la récidive du premier cancer.
Récidive ou nouveau cancer ?
Après un premier cancer du sein, plusieurs situations peuvent être distinguées.
Une récidive locale ou locorégionale correspond à la réapparition du cancer dans le même sein ou dans la région proche du cancer initial.
Une métastase correspond à des cellules du cancer initial qui se sont propagées à distance, par exemple dans les os, le foie ou les poumons.
En revanche, lorsqu’une nouvelle tumeur apparaît dans l’autre sein, elle correspond généralement à un second cancer du sein primitif : c’est un nouveau cancer, qui possède ses propres caractéristiques biologiques et qui n’est habituellement pas considéré comme une récidive du premier.
Quel est le risque ?
Pour les femmes ayant eu un cancer du sein d’un seul côté, le risque de développer un cancer dans l’autre sein est relativement faible.
Les grandes études de population retrouvent un risque moyen d’environ 0,4 % par an. Une très grande étude portant sur plus de 800 000 femmes a estimé le risque cumulé de cancer invasif dans l’autre sein à environ 10 % sur 25 ans.
Le risque reste présent au fil du temps, mais il augmente de façon relativement régulière, plutôt que de se concentrer uniquement dans les premières années après le premier cancer.
Autrement dit, la grande majorité des femmes ayant eu un cancer du sein ne développeront pas de cancer dans l’autre sein.
Le risque est-il le même pour toutes les femmes ?
Non. Il dépend notamment de l’âge au moment du premier cancer, des antécédents familiaux et de certaines caractéristiques de la tumeur.
Le risque est particulièrement augmenté chez les femmes porteuses de certaines prédispositions génétiques héréditaires, notamment des variants pathogènes des gènes BRCA1, BRCA2 ou CHEK2. Certaines situations impliquant notamment PALB2 peuvent également augmenter le risque.
C’est pourquoi, lorsqu’une prédisposition génétique est identifiée ou fortement suspectée, la surveillance et les stratégies de prévention peuvent être adaptées individuellement.
Certains traitements diminuent-ils ce risque ?
Oui.
Lorsque le premier cancer est hormonosensible, l’hormonothérapie proposée après le traitement initial diminue également le risque de développer un cancer dans l’autre sein.
La chimiothérapie peut également avoir un effet protecteur sur le risque de cancer controlatéral dans certaines situations.
Faut-il donc enlever préventivement l’autre sein ?
Pas systématiquement.
Chez la grande majorité des femmes qui n’ont pas de prédisposition génétique majeure, le risque de cancer dans l’autre sein reste suffisamment faible pour qu’une mastectomie préventive de l’autre côté ne soit pas systématiquement recommandée.
En revanche, chez certaines femmes présentant une prédisposition génétique importante, notamment BRCA1 ou BRCA2, cette possibilité peut se discuter individuellement avec l’équipe spécialisée.
Et la surveillance ?
Après un cancer du sein, le suivi permet notamment de surveiller le sein restant. La surveillance est adaptée à chaque situation en fonction du cancer initial, des traitements reçus, de l’âge et, éventuellement, d’une prédisposition génétique.
Avoir eu un cancer du sein ne signifie donc pas que l’on va forcément en avoir un autre dans l’autre sein. Le risque existe, mais il reste faible pour la majorité des femmes. Et surtout, un cancer découvert dans l’autre sein correspond généralement à un nouveau cancer, et non à la « récidive » du premier.
À retenir
Oui, un cancer peut apparaître dans l’autre sein après un premier cancer.
Il s’agit le plus souvent d’un nouveau cancer du sein, et non d’une récidive du premier.
Le risque moyen est d’environ 0,4 % par an, soit autour de 10 % sur 25 ans.
Le risque est plus élevé en cas de prédisposition génétique ou de certains antécédents familiaux.
Certains traitements, notamment l’hormonothérapie pour les cancers hormonosensibles, diminuent le risque.
La surveillance du sein restant est importante, mais la majorité des femmes ayant eu un cancer du sein ne développeront pas de cancer dans l’autre sein.
Pour aller plus loin
Pour des informations fiables et accessibles à tous :
Institut national du cancer (INCa) – Informations sur le cancer du sein, les traitements et l’après-cancer : https://www.cancer.fr/
Assurance Maladie – Bien vivre après un cancer du sein : informations sur le suivi après traitement et la surveillance.




